Les installations d'exploitants agricoles en chute de 17% entre 2008 et 2009.
Une diminution sans précédent des installés en agriculture entre 2008 et 2009
13300 exploitants agricoles – tous âges confondus – se sont installés entre le 2 janvier 2009 et le 1er janvier 2010, soit une baisse sans précédent de -17% par rapport à 2008.
L’effectif des jeunes installés de 40 ans et moins – ceux qui peuvent prétendre à des aides à l’installation, a diminué de 14,5% entre 2008 et 2009, après deux années d’évolution positive de l’ordre de +1,5 à +2% par an. Concernant les jeunes agricultrices, leur nombre a commencé à fléchir à partir de 2008, de l’ordre de -3 % entre 2007 et 2008, puis de -11,9 % entre 2008 et 2009. Quant aux jeunes installés masculins, leur nombre chute brutalement de -15,5 % entre 2008 et 2009, alors qu’il avait bien résisté avec une croissance affichée de 2 à 4 % par an depuis 2007. Par ailleurs, le ratio jeunes installés hommes / jeunes installés femmes oscille entre 2,4 et 2,6 sur la période 2005-2009.
Le nombre de nouveaux installés de plus de 40 ans avait diminué, tous sexes confondus, de l’ordre de 11% entre 2007 et 2008. La baisse des effectifs s’est considérablement accélérée entre 2008 et 2009, s’établissant à -22% mais hommes et femmes n’évoluent pas de façon identique puisque pour les premiers, le nombre d’installés progresse de + 8% entre 2008 et 2009 alors que le nombre d’installés féminins s’effondre de près de 33% sur la même période. Le ratio femmes / hommes ne cesse de diminuer : en 2005, il y avait 3,8 femmes pour un homme ; en 2009, on dénombre 1,8 femme installée de plus de 40 ans pour un homme installé de plus de 40 ans.
Environ 2 départements sur 3 ont observé une baisse du nombre d’installations d’au moins 10 % entre 2008 et 2009
Pris séparément ou concomitamment, la chute des départs en retraite anticipée des exploitants agricoles, la hausse du prix des terres agricoles, la diminution de la SAU (Surface Agricole Utilisée) libérée influent sur l’évolution départementale des installations en agriculture.
Les départements qui ont du faire face à l’effondrement du nombre de départs en retraite anticipée conjugué soit à une augmentation du prix des terres, soit à une diminution de la superficie agricole libérée, ont vu le nombre d’installations s’effondrer entre 2008 et 2009, de l’ordre de -18 à -43%.
Une dégradation du taux de renouvellement des chefs d’exploitation
L’effectif des nouveaux installés diminuant plus vite que celui de l’ensemble des exploitants, ceci a pour conséquence de dégrader le taux de renouvellement des exploitants – le ratio entre le nombre total d’installés et le nombre de chefs d’exploitation déjà installés : il atteint 2,4% en 2009 ; il était de 2,7% l’année précédente.
Globalement, les départements très dynamiques en matière d’installation sont également ceux pour lesquels le taux de renouvellement est proche de la moyenne nationale lorsqu’il ne lui est pas nettement supérieur : c’est le cas notamment de ceux du Nord-Ouest (à l’exception du Finistère), de la côte atlantique, des régions PACA et Languedoc-Roussillon et de quelques départements de Rhône-Alpes.
Le brassage des générations s’est accéléré entre 2008 et 2009
En 2009, près de 21500 chefs d’exploitation ont cessé leur activité et ont fait valoir leur droit à la retraite ; ils étaient environ 32000 dans cette situation l’année précédente.
Cette chute des départs en retraite résulte essentiellement de l’effondrement des départs anticipés des chefs d’exploitation. En effet, depuis 2005 et jusqu’en 2008, les chefs d’exploitation âgés de 56 à 59 ans qui partaient à la retraite représentaient 25% des départs en retraite des chefs d’exploitation. En 2009, les départs anticipés ne représentent plus que 4,7% des départs en retraite des chefs d’exploitation.
Ceci explique aussi le recul important des installations de femmes succédant à leur époux au moment des départs en retraite.
La baisse plus importante des installés de plus de 40 ans dans l’ensemble des installés, conjuguée à la chute des départs en retraite des chefs d’exploitation ont pour conséquence d’améliorer le taux de rotation entre ancienne et nouvelle génération (nombre de départs de chefs d’exploitation / nombre de nouveaux installés).
En 2006, pour l’ensemble des installés, ce ratio était de 39,7% ; il atteint 56,3% en 2009. Pour les installés de 40 ans et moins, ce taux avoisinait les 30% en 2006 ; il atteint 40% en 2009.